30/01/12
La zone du dehors
Ca fait des mois que je cours après cet homme qui m'a retournée le ventre, privant mes nuits de sommeil et défiant ma clareté d'esprit. J'ai avancé sans doute, prête à lutter contre la distance, contre son emploi du temps de ministre, contre celle qui partage sa vie, et contre sa mauvaise foi, aussi. Et ce n'est même pas l'épuisement qui aura eu raison du "nous" que j'avais tant envie de créer. Mais cette jolie jeune fille qui partage mon lit à l'occasion. Parce qu'elle est remplie d'une tendresse si juste que même si mon coeur ne s'emballe pas encore, mon corps tremble à chaque fois. S'il ne fallait pas sans cesse jouer de ses propres désirs autant que de ceux de l'autre, je l'inviterais tous les soirs à venir occuper mes nuits. On s'apprivoise doucement, on parle de tout mais pas du "nous", parce qu'on ignore même s'il y en aura un un jour. En attendant, on vit.
Ce qui est étonnant c'est qu'alors qu'on buvait un verre il y a des mois de cela, on avait fait croire à un homme qu'on était en couple. Et le début de la longue histoire qu'on avait inventé pour se jouer de lui était similaire à la réalité d'aujourd'hui.
21/01/12
Sur des parquets immense
C'était courir dans les rayons du supermarché. Dans tous les sens. Voir la belle diriger son monde de ses grands yeux verts. La suivre, l'aimer, la regarder. C'était être 6 dans une BX, c'était de la buée sur les vitres, moi je m'attache pas, si jamais on tombe dans l'eau j'veux pouvoir sortir vite. C'était du stop sous la pluie. Pendant des heures, des heures et des heures. C'était une grande discussion sur l'éducation, bien au chaud en attendant. C'était un covoiturage de nuit. Avec des gants en cuir, une jolie petite voix, des frontières en bateau gonflable. Des histoires et des histoires. C'était des étoiles plein les yeux, je crois qu'on en brillait même. Et cette pluie, toujours cette pluie dans la nuit. C'était l'arrivée parisienne, avec ses grandes retrouvailles. De l'amour pour elle, tellement d'amour pour elle. C'était un réveil étonnant à 5h, à faire des tours et des détours dans ces rues, connues depuis seulement quelques heures mais déjà familières. C'était la découverte de ceux avec qui on allait partager cette nuit, de la musique, de la prestance. C'était la grise mine du canal Saint Martin, c'était nos jambes fatiguées qui nous baladent on n'sait même plus où. C'était le début de la soirée. C'était ces gens d'avant, qui nous sourient avec tendresse. A moitié pardonnée. C'était les stratégies pour s'intégrer. C'était la folie d'une nuit dans cet appartement, tellement de couleur, sur les murs, sur leur visage, dans mon coeur. Partout. Partout. C'était minuit, l'accordéon, la sincérité de 2 mots qui sonnent pourtant si faux d'habitude. C'était danser, jusqu'à pas d'heure, jusqu'à pas d'heure. C'était Mathilde. C'était du vin. C'était un covoiturage de jour. Avec un grand monsieur.
C'était un beau voyage.
30/12/11
Pour oublier je dors
Si tu savais comme mes nuits sont agitées par tout ce qu'on aurait pu, par tout ce qu'on aurait du, parce que si on avait su. J'aurais griffé ton dos, manger ta peau dont la texture creuse encore le bout de mes doigts, de regrets, d'inachevé. Ta place est à mes côtés, jamais je n'ai eu pareille certitude, alors qu'est ce que tu fais si loin ? Tu verras l'évidence le jour où je viendrai faire tomber toutes les barrières qui remplissent tes journées, toute cette agitation pour ne pas sentir le vide, ne surtout pas se rendre compte que ça n'a pas de sens. Ignorant la finalité. Je suis sure que tu as pourtant l'impression de bien savoir où tu vas. Où tu vas mais sans vivre. Ivre de travail et d'engagement.
Chouette, on part en vacances.
